Edouard Boinet, corrida, du déclin à la patrimonialisation - partie II.

Publié le par Pression Ethique Anti-Corrida Europe

 

Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur, Edouard BOINET.

 

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- 2011 -

 

Du déclin à la patrimonialisation :

 

la consécration controversée du fait culturel corrida

 

 

 

UNIVERSITE PARIS SUD XI

Faculté Jean Monnet

-

Promotion 2011

 

 

Rapport présenté par

M. Edouard BOINET

(double cursus Relations Internationales

& Droit de l’environnement)

dans le cadre du cours « Droit de la protection de la nature et du patrimoine culturel »

dispensé par M. le Doyen Jérôme FROMAGEAU

 

 

PARTIE I. LA CORRIDA, CITADELLE ASSIEGEE publiée sur :


http://pression-ethique-anti-corrida-europe.over-blog.com/article-edouard-boinet-corrida-du-declin-a-la-patrimonialisation-partie-i-79865052.html


 

 

 

Partie II. 


La  recherche d’une consécration

comme patrimoine immatériel

 

 

        La structuration du mouvement et de l’argumentaire anti-corrida n’est pas parvenue, jusqu’ici, à une interdiction de la pratique. Paradoxalement, il semble qu’elle ait au contraire suscité la structuration du mouvement et de l’argumentaire pro-corrida, dont les efforts sont tout entier tournés vers une consécration de la corrida comme patrimoine immatériel (A). Cette initiative et sa réalisation (en France tout du moins) soulèvent des questions éthiques et juridiques tout en interrogeant la nature des rapports qui lient culture et démocratie (B).

 

A)   Stratégie offensive des aficionados

et projet d’inscription au PCI 

A partir du moment où le déclin de la corrida s’est traduit par la menace de son interdiction dans certaines des régions où elle était pratiquée de longue date (Cf. supra. Exemple de la Catalogne),  les aficionados se sont organisés et ont cherché à rendre leur passion intouchable. Ils ont donc développé une stratégie offensive visant à immortaliser la corrida par le biais de son inscription  sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

         On a déjà évoqué le fait que la corrida correspond bien à la définition du PCI que donne la convention de 2003 (cf. supra Partie I.A ; détail à l’annexe 1). Or, elle entre également dans son champ d’application comme une pratique culturelle nécessitant des mesures de sauvegardes étant donné qu’elle connait un profond déclin qui menace jusqu’à son existence (cf. supra Partie I.). En conséquence, les aficionados se sont organisés pour réaliser ce projet.

           

         Dans l’Hexagone, l’Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT) a ainsi été créé en mars 2008 à la suite de ses consœurs ibériques (Asociación Internacional de Tauromaquia et Mesa del Toro fondées en 2004 et 2008 respectivement). Ces organisations tiennent le rôle de fédérateur et de coordinateur des forces vives du mundillo taurin lancées à la conquête d’une inscription au PCI.  Elles consolident la récente structuration des aficionados en force politique organisée dont témoigne la constitution d’un groupe « Tauromachie ». 


         Dirigé par le député-maire UMP de Bayonne et aficionados Jean Grenet, ce groupe influent relaye les initiatives de la société civile pro-corrida mobilisée autour de l’ONCT et du “Proyecto Tauromaquia de la UNESCO” poursuivi en collaboration avec les associations taurines espagnoles.

 

        En s’organisant ainsi, le mouvement aficionados a pu développer son argumentaire.  La question de la rentabilité économique n’est avancée que de manière anecdotique par les intellectuels pro-corrida. Ils considèrent à l’image du philosophe et aficionado Francis Wolff que « cet argument ne vaut rien si la corrida est immorale. »[1]. Le cœur de l’argumentaire réside plutôt dans le lien entre l’éthique et l’esthétique que la pratique tauromachique est supposée établir[2]. D’une part, l’éthique résiderait dans l’équité de la confrontation entre la combativité naturelle du taureau et l’habileté du torero, confrontation mortelle dont l’issue est toujours imprévue. D’autre part, l’esthétique tient autant au cadre du spectacle (architecture des arènes) qu’à sa scénographie (codification –Cf. supra, costume de lumière, paso-dobles[3]). Mais elle serait également une valeur intrinsèque à l’art de toréer, qui consiste à « donner forme humaine à une matière brute, en l’occurrence la charge d’un animal qui combat »[4].


         Les aficionados voient aussi dans cet art une « déclinaison originale des couples nature/culture et sauvage/domestique » contribuant au développement durable (terme sur lequel ils insistent largement, et pour cause : il figure comme critère de définition du PCI à l’art.2 al.1 de la convention de 2003 ; cf. annexe 1). Ils font notamment valoir que les taureaux de combat sont élevés en liberté, dans des écosystèmes qui comptent parmi les mieux préservés d’Europe, pour préserver leur combativité instinctive et opposer à cette nature bestiale l’art de toréer.


         Enfin, les pro-corridas font observer que leur passion est également une contribution à l’enrichissement de la langue. En effet, elle a développé un vocabulaire propre (cf. supra et annexe 3) qui ne permet pas seulement de rendre compte de la réalité technique du spectacle, mais qui est également un signe de reconnaissance entre amateurs et un carrefour entre différents idiomes (français, espagnol et occitan).


         Les aficionados sont convaincus des chances de succès du “Proyecto Tauromaquia de la UNESCO”. A leur yeux, la corrida remplissait jusqu’à très récemment quatre des cinq critères à l’inscription, à savoir[5] : l’adéquation à la définition que la convention de 2003 donne du PCI (1) ; le fait que cette inscription puisse contribuer à la visibilité, au témoignage et à la promotion de la notion de PCI (2) ; la nécessité de mettre en place des mesures de sauvegardes pour cette expression particulière de PCI (3) ; que l’élément soit proposé à l’inscription après participation de la communauté concernée (4).

 

        Or, l’argumentaire ci-dessus a suffit à remplir le 5ème critère, qui pose l’inscription à l’inventaire national comme préalable à toute soumission à la liste de l’UNESCO : c’est en effet sur cette base que le ministère de la Culture pris la décision en janvier 2011 de faire figurer la corrida sur l’inventaire du PCI français.

 

        Cette annonce qui soulève de nombreuses interrogations révolte les anti-corridas.


B)   Les questions soulevées par l’intégration de la corrida

au PCI : éthique, juridique et liens entre culture et démocratie

 

La décision du ministère de la Culture d’intégrer la corrida à l’inventaire français du PCI marque un tournant majeur. Cette pratique n’est plus seulement un fait culturel. A partir de maintenant, elle est aussi considérée comme faisant partie intégrante du patrimoine national. Cette consécration symbolique surprenante interroge les rapports qui lient culture et démocratie.


En effet, là où les lois sur la protection de l’animal ont été adoptées par les représentants du peuple français, l’intégration de la corrida au patrimoine national « a été décrétée (…) par un quarteron de technocrates » (les hauts fonctionnaires de la Direction Générale des Patrimoines) selon le député UMP des Alpes-Maritimes, Mme Muriel Marland-Militello[6].

 

Les anti-corridas jugent cette décision d’autant plus révoltante qu’elle intervient au moment où une écrasante majorité des Français se déclare favorable à l'interdiction de la corrida (66%), y compris dans les régions à forte tradition taurine (63% ; étude de l’ifop d’août 2010)[7].

 

On s’interroge donc nécessairement sur le bien fondé de cette décision : les administrateurs ont-ils légitimité et vocation à définir ce qu’est la culture, et au sein de celle-ci, à distinguer ce qui relève d’un patrimoine à préserver pour les générations futures ? Cette tâche n’incombe-t-elle pas plutôt au peuple et à ses représentants ?

 

La réponse ne va pas de soi : la logique démocratique peut se traduire par une « tyrannie de la majorité »[8] revisitée, menaçant le principe même de diversité culturelle. Si elle avait présidée aux décisions du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, il y a fort à parier que de nombreuses langues rares n’auraient jamais été intégrées à la liste représentative du PCI de l’UNESCO.


           Nous ne prétendons pas ici trancher sur le fond un débat aussi riche et complexe. Sur la forme, cependant, la décision du ministère semble critiquable sur le terrain de la démocratie dans la mesure où elle a été prise au mépris de toute transparence : actée en janvier 2011, elle n’a finalement été annoncée que trois mois plus tard (le 22 avril), non pas par les services en charge du dossier mais par M. André Viard président de l’Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT). Plus encore : elle pourrait bien relever du conflit d’intérêt. En effet, Philippe Bélaval, le responsable actuel de la Direction Générale des Patrimoines (chargée du dossier au ministère), a été nommé à son poste un mois après le lancement de la campagne pour l'inscription de la corrida au PCI par l'Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT) ; or, M. Bélaval est membre fondateur de cette association dont il a également été l’administrateur[9].

               

        Au-delà des questionnements sur les rapports entre culture et démocratie, cette consécration apparaît comme la justification d’une incohérence juridique et d’un non-sens moral. En effet, une lecture attentive de l’article L521 du code pénal révèle que la corrida est bien reconnue comme étant un acte de cruauté envers le taureau. Ce fait là n’est pas nié. Simplement, cet acte de cruauté est toléré (et toute sanction rendue inapplicable) en cas de « tradition locale ininterrompue ». Cette notion pour le moins floue[10] accorde ainsi aux aficionados un bien curieux privilège : le droit de jouir d’un « art » par ailleurs considéré comme un délit sur 90% du territoire français. 

 

        En matière pénale, cette dérogation au principe de territorialité est inédite : « c’est la première fois qu’un fait regardé expressément comme le législateur comme constituant une infraction à la loi pénale n’est pas réprimé dans tout le pays »[11]. Certains signes semblaient indiquer que le législateur français suivrait la mouvance actuelle tendant à exclure la tradition comme fondement aux atteintes animales, dont témoigne l’interdiction des combats de coq au Tadjikistan et celle de la chasse à courre en Allemagne, en Belgique et surtout au Royaume-Uni où elle était une véritable institution. On pense notamment aux propositions de loi n° 228 (septembre 2007) et 2735 (juillet 2010) visant à mettre fin à cette dérogation[12]. Pourtant, la patrimonialisation de la corrida vient finalement renforcer la tradition comme justification de cette pratique.


         Enfin, l’inscription à l’inventaire national est bien ce qu’affirment les aficionados : l’une des toutes dernières étapes avant l’intégration à la liste du PCI de l’UNESCO[13]. Celle-ci n’a rien d’impossible. Parmi les éléments qui relèvent du « patrimoine ignoble »[14], la convention de 2003 écarte seulement ceux qui ne sont pas « conformes aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l'homme » (souvent justifiée par la seule tradition,

       

        Des pratiques culturelles telle que l’excision, ne pourront donc jamais faire partie de la liste représentative du PCI). En d’autres termes, aucune des dispositions de la convention ne permet d’exclure du PCI les actes de cruauté envers les animaux[15]. La faiblesse du droit international en la matière explique largement cet état de fait. Le protocole n° 10 du Traité d’Amsterdam sur la protection et le bien-être des animaux ne concerne que les Etats-membres de l’UE et ne revient pas sur les dérogations nationales relatives aux « rites religieux, traditions culturelles et patrimoines régionaux »[16]. La Déclaration universelle des droits de l'animal de 1978 est peut être le seul texte pertinent sur le sujet, mais il n'a aucune valeur juridique[17].


CONCLUSION


Le fait culturel corrida vient de connaître l’un des plus grands tournants de son histoire. Alors qu’il était en déclin depuis plusieurs années, la campagne des antis visant son interdiction a paradoxalement eu pour conséquence sa consécration symbolique : elle a en effet poussé les aficionados à adopter une stratégie résolument offensive dont l’inscription au PCI français représente le premier succès d’ampleur.


 Cette consécration soulève des questions difficiles à trancher sur les liens entre culture et démocratie. On s’interroge sur sa pertinence morale et juridique. On s’interroge aussi et surtout sur l’avenir de la corrida, qui échappe à tout raisonnement prospectif.

 

Les deux « camps » en présence s’obstinent à défendre des positions extrêmes et irréconciliables sur la base de principes absolus. Pro et anti-corridas exigent respectivement : le respect de la vie animale qui plaide pour l’interdiction d’un fait culturel pourtant au cœur de l’identité d’une communauté de plusieurs milliers de personnes ; le respect de la liberté culturelle qui impose la patrimonialisation d’une pratique consistant à donner la mort d’un animal en spectacle.


Il n’y a pas d’issue à ce débat stérile. Mais nous sommes d’avis  que l’inflexibilité des deux camps sera en fin de compte dommageable à la corrida (et ce malgré l’inscription au PCI) : le déclin de cette pratique tauromachique originale qui mérite d’être préservée se confirmera jusqu’à ce quelle disparaisse tout à fait si ses défenseurs se montrent incapables de l’adapter aux évolutions de la société[18] ; or, nous estimons que ce sera le cas si le droit ne joue pas son rôle d’aiguilleur en montrant la voie.


Il faut en finir avec la souffrance et la mise à mort du taureau. Cela n’a jamais été l’essence de cet art qu’est la corrida. Dans d’autres régions du monde, elle se pratique d’ailleurs sans plantés de banderilles dans la chair de l’animal, sans estocades et sans cette infâme conclusion mortifère[19].

 

Selon les mots du grand matador Antonio Ordoñez, cet ensemble d’actes abjects « a toujours été la partie la plus mécanique de la tauromachie. La beauté réside dans tout un ensemble de gestes suscités par la corrida, qui n’ont pas du tout besoin de la mort du taureau pour exister »[20].


Un art qui parviendrait ainsi à sublimer dans un même élan respectueux de l’animal tant l’habileté et la force créatrice de l’Homme que la puissance et la majesté du taureau, un tel art mériterait de toute évidence la consécration symbolique de la patrimonialisation.

   

 

ANNEXES 

   

 

Annexe 1 : Définition/critères d’inscription au patrimoine

 

immatériel de l’UNESCO[21] 

 

Article 2 de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel :

 

1. On entend par “patrimoine culturel immatériel” les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Aux fins de la présente Convention, seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l’homme, ainsi qu’à l’exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, et d’un développement durable.

 

2. Le “patrimoine culturel immatériel”, tel qu’il est défini au paragraphe 1 ci-dessus, se manifeste notamment dans les domaines suivants :


(a) les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel ;

(b) les arts du spectacle ;

(c) les pratiques sociales, rituels et événements festifs ;

(d) les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ;

(e) les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

 


Critères pour inscription sur la Liste représentative

 

du patrimoine immatériel de l’UNESCO :

 

 

·         R.1 L’élément est constitutif du patrimoine culturel immatériel tel que défini à l’article 2 de la Convention.


·         R.2 L’inscription de l’élément contribuera à assurer la visibilité, la prise de conscience de l’importance du patrimoine culturel immatériel et à favoriser le dialogue, reflétant ainsi la diversité culturelle du monde entier et témoignant de la créativité humaine.


·         R.3 Des mesures de sauvegarde qui pourraient permettre de protéger et de promouvoir l’élément sont élaborées.


·         R.4 L’élément a été soumis au terme de la participation la plus large possible de la communauté, du groupe ou, le cas échéant, des individus concernés et avec leur consentement libre, préalable et éclairé.


·         R.5 L’élément figure dans un inventaire du patrimoine culturel immatériel présent sur le territoire de(s) (l’)État(s) partie(s) soumissionnaire(s), tel que défini dans l’article 11 et l’article 12 de la Convention.

 


Annexe 2 : Signification des mouchoirs de couleur brandis au cours d’une corrida[22]

 

Blanc :

Passage d’un tercio à un autre.

 

Orange :

Grâce du taureau.

 

Rouge :

Sanction d’un taureau jugé lâche.

 

Vert :

Ordre intimant le retour au corral d’un toro présentant un défaut grave.

 

Bleu : 

Tour de piste d’honneur posthume accordé à un taureau qui a combattu avec bravoure.

 


  Annexe 3 : Vocabulaire (non-exhaustif) de la corrida[23] 

 

Aficionado : Amateur de courses de taureaux.

Banderilles : Baguettes de bois rond, longues de 70 cm, terminées par un harpon en acier.

Banderillero : Torero chargé de planter les banderilles sur le taureau.

Capeador : Voir Peon.

Cuadrilla : Equipe qui accompagne le matador (picadors, banderilleros, capeadors).

Faena : Travail du matador qui, à l'aide de la muleta, exécute tout un ensemble de passes.

Lidia : Manière de combattre le taureau.

Matador : Celui, qui ayant reçu l'alternative, est chargé de la mise à mort du taureau.

Muleta : Morceau d'étoffe rouge dont se sert le matador pour travailler et fatiguer le taureau avant de lui porter l'estocade.

Peon : Toreros qui excitent le taureau à l'aide de leur cape.

Panuelo : Mouchoir

Pica : Lance utilisée par les picadors pour piquer le taureau.

Picador : Cavalier qui fatigue le taureau avec une pique.

Tauromachie : Art de combattre un taureau dans une arêne.

Tercio : La corrida est composée de 3 tercios.

Chaquetilla : Veste courte ornée de broderies que porte le torero.

Coleta : Une tresse de cheveux, aujourd'hui un postiche fixé sur la nuque.

Montera : La coiffe du Matador, noire et ronde.

Zapatillas : Escarpins noirs sans talon.

 

Pour un lexique taurin plus complet :

http://www.corrida.tv/data/Boutique/articles/1/dico.htm


Annexe 4 : article L521-1 du code pénal[24]

 

Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende.

 

En cas de condamnation du propriétaire de l'animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal statue sur le sort de l'animal, qu'il ait été ou non placé au cours de la procédure judiciaire. Le tribunal peut prononcer la confiscation de l'animal et prévoir qu'il sera remis à une fondation ou à une association de protection animale reconnue d'utilité publique ou déclarée, qui pourra librement en disposer.

 

Les personnes physiques coupables des infractions prévues au présent article encourent également les peines complémentaires d'interdiction, à titre définitif ou non, de détenir un animal et d'exercer, pour une durée de cinq ans au plus, une activité professionnelle ou sociale dès lors que les facilités que procure cette activité ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l'infraction. Cette interdiction n'est toutefois pas applicable à l'exercice d'un mandat électif ou de responsabilités syndicales.

 

Les personnes morales, déclarées pénalement responsables dans les conditions prévues à l'article 121-2 du code pénal, encourent les peines suivantes :

- l'amende suivant les modalités prévues à l'article 131-38 du code pénal ;

- les peines prévues aux 2°, 4°, 7°, 8° et 9° de l'article 131-39 du code pénal.

 

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.

 

Est punie des peines prévues au présent article toute création d'un nouveau gallodrome.

 

Est également puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement.


 BIBLIOGRAPHIE

 

OUVRAGES

 


-        Baratay (Éric), Hardouin-Fugier (Élisabeth), La Corrida, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? n° 568 », Paris, 1995

-        Caillois (Roger), Les Jeux et les Hommes, Folio, Gallimard, Paris, 1992

-        Hardouin-Fugier (Élisabeth), La Corrida de A à Z, Éditions Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2010

-        Hardouin-Fugier (Élisabeth), Histoire de la corrida en Europe du XVIIIe au XXIe siècle, Coll. Connaissances et Savoirs, 2005

-        NEGRIER (Emmanuel), Patrimoine culturel et décentralisation: une étude en Languedoc-Roussillon, L'Harmattan, 2002

-        MIEUSSENS (Dimitri), L'exception corrida : de l'importance majeure d'une entorse mineure. la tauromachie et l'animal en France, L'Harmattan, 2005

-        PEREIRA (Carlos) PORCHER (Jocelyne), Toréer sans la mort ?, Éd. Quae, 2011

-        Roumengou (Marc), L'église et la corrida : prohibitions et participation active, Edition Lacoste - Régionalisme, 1996

-        WOLFF (Francis), 50 raisons de défendre la corrida, Ed. Mille et une Nuits, Coll. Les petits libres, 2010

-        WOLFF (Francis), Philosophie de la corrida, Fayard, 2007


ARTICLES DE REVUES ET AUTRES PUBLICATIONS

(version papier/consultable en ligne) 


-        Cahuzac (Hubert) (2004), « La corrida n’est-elle qu’un spectacle ? », in Médiamorphoses, n°11, Juin 2004

-        CORDOBA (Pedro), WOLFF (Francis), Ethique et esthétique de la corrida, Revue Critique, n° 723-724, Edition de minuit, 2007

-        Cordoba(Pedro), « La cérémonie de la mort », in CORDOBA (Pedro), WOLFF (Francis), Ethique et esthétique de la corrida, Revue Critique, n° 723-724, Edition de minuit, 2007

-        Durand(Jacques), « Scènes de l'éthique taurine », in CORDOBA (Pedro), WOLFF (Francis), Ethique et esthétique de la corrida, Revue Critique, n° 723-724, Edition de minuit, 2007

-        Marmande(Francis), « L'éthique, c'est l'esthétique de l'avenir », in CORDOBA (Pedro), WOLFF (Francis), Ethique et esthétique de la corrida, Revue Critique, n° 723-724, Edition de minuit, 2007

-        Saumade (Frédéric), L'obsession sacrificielle, Ethnologie française 2/2001, Vol. 31 (http://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2001-2-page-337.htm)

-        Wolff(Francis), « De la distance éthique et esthétique. La corrida entre art et combat », CORDOBA (Pedro), WOLFF (Francis), Ethique et esthétique de la corrida, Revue Critique, n° 723-724, Edition de minuit, 2007

-        Déclaration finale du colloque “La Fiesta de los Toros: un patrimoine immatériel partagé” (http://dcc.unilat.org/Data/Complements/903_2.pdf)

Articles de presses cités dans l’étude 

-        CHERICA (Xavier), « L'Unesco, vraie-fausse bouée de sauvetage pour les pro-corridas », laprovence.com, 28.07.2010(http://www.laprovence.com/article/region/lunesco-vraie-fausse-bouee-de-sauvetage-pour-les-pro-corridas)

-        Hugues (Bastien), « Une demande pour que la corrida soit inscrite à l'Unesco », lefigaro.fr, 15.12.2009 (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/12/15/01016-20091215ARTFIG00686-une-demande-pour-que-la-corrida-soit-inscrite-a-l-unesco-.php) 

-        LEVEILLÉ (Béatrice), « la corrida bannie en Catalogne », RFI.FR, 08.07.2010, (http://www.rfi.fr/europe/20100728-corrida-bannie-catalogne)

-        Servenay (David), Depuis quand aficionados et anti-corrida s'affrontent-ils ?, Rue89, 19.08.2007 (http://www.rue89.com/2007/08/19/depuis-quand-aficionados-et-anti-corrida-saffrontent-ils)

-        SOLÉ (Robert), Identité animale, billet paru dans l'édition du journal Le Monde du 18.12.09 (http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1109501,0.html )

 

Travaux de recherche (thèses & mémoires) 

-        ANDRIEUR (Guilhem), L’existence de la corrida au XXI e siècle : analyse et perspectives de l’ « exception culturelle corrida », Institut d'Etudes Politiques de Lyon, septembre 2009

Textes et conventions 

-        Article 521-1 et suivant du Code pénal

-        Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, 2003 (disponible en ligne, http://unesdoc.unesco.org/images/0013/001325/132540f.pdf)

-        Protocole additionnel n°10 sur la protection et le bien-être des animaux, Traité d'Amsterdam modifiant le traité sur l'Union européenne, les traités instituant les Communautés européennes et certains actes connexes, 2 octobre 1997

Autres publications 

-        Fiche type d’inventaire du patrimoine immatériel de la France, Ministère de la culture et de la communication, 2011

 



[1] WOLFF (Francis), 50 raisons de défendre la corrida, Ed. Mille et une Nuits, Coll. Les petits libres, 2010

[2] Voire en particulier à ce sujet : WOLFF (Francis), Philosophie de la corrida, Fayard, 2007

[3] Musique au rythme marqué et au style martial qui a inspiré la danse du même nom.

[4] Fiche type d’inventaire du patrimoine immatériel de la France, Ministère de la culture et de la communication, 2011

[7] Consultable en ligne sur le site de l’Ifop : http://www.ifop.com/media/poll/1225-1-study_file.pdf

[8] DE TOCQUEVILLE (Alexis), De la démocratie en Amérique, Tome I, 1835 ; Mill (John Stuart), De la liberté, 1859.

[10] Affirmation à nuancer cependant : le juge a apporté des précisions sur ce point (cour d'appel d'Agen, 10 janvier 1996 ; cour d'appel de Toulouse, 10 janvier 2000 ; cour d’appel de Toulouse, 20 janvier 2003 ; Cour de cassation, 7 février 2006)

[11] MIEUSSENS (Dimitri), L'exception corrida : de l'importance majeure d'une entorse mineure. la tauromachie et l'animal en France, L'Harmattan, 2005

[13] L’Etat qui l’a inscrit à son inventaire doit encore soumettre cet élément à l’UNESCO, et la décision de l’intégrer ou non à la liste revient au Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

[14] Expression empruntée à M. Emmanuel Négrier; NEGRIER (Emmanuel), Patrimoine culturel et décentralisation: une étude en Languedoc-Roussillon, L'Harmattan, 2002

[15] Cependant, on peut considérer à l’image du député UMP des Alpes-Maritimes, Mme Muriel Marland-Militello, que cette inscription est contraire à la Convention de 2003 dans la mesure où le dernier « Considérant » de son préambule met en avant « le rôle inestimable du patrimoine culturel immatériel comme facteur de rapprochement, d'échange et de compréhension entre les êtres humains ». Or, la corrida est sans conteste un facteur de division, de blocage et de mésentente entre les pros et les antis (voire question écrite de Mme le député sur le site de l’Assemblée :  http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-108354QE.htm)

[16] Protocole additionnel n°10 sur la protection et le bien-être des animaux, Traité d'Amsterdam modifiant le traité sur l'Union européenne, les traités instituant les Communautés européennes et certains actes connexes, 2 octobre 1997

[17] Il s’agit simplement d’une déclaration faîtes par une association, la Ligue Internationale des droits de l’animal, et qui n’est donc pas considérer comme un texte de droit international.

[18] André Viard reconnait lui-même l’impérieuse nécessité d’une quatrième « rupture structurelle » dans l’histoire de la corrida, sans toutefois arriver à une conclusion similaire. (http://mpcourselandaise.blogspace.fr/2018591/Andre-Viard-s-est-exprime-au-Senat-Espagnol/?nextmonth=1&month=12&year=2010)

[19] Aux Etats-Unis, les banderilles sont ainsi plantées dans du Velcro et l’animal n’est pas mis à mort. Le spectacle ne flatte pas plus les bas instincts de l’Homme, mais élève au sommet l’art de toréer. PEREIRA (Carlos) PORCHER (Jocelyne), Toréer sans la mort ?, Éd. Quae, 2011

[20] Saumade (Frédéric), L'obsession sacrificielle, Ethnologie française 2/2001, Vol. 31 (http://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2001-2-page-337.htm)

[22] ANDRIEUR (Guilhem), L’existence de la corrida au XXI e siècle : analyse et perspectives de l’ « exception culturelle corrida », Institut d'Etudes Politiques de Lyon, septembre 2009

Publié dans Patrimoine immatériel

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