Rapport commission "indépendante" tauromachie au patrimoine culturel immatériel (part 2)

Publié le par Pression Ethique Anti Corrida Europe

INSCRIPTION DE LA TAUROMACHIE

 

AU PATRIMOINE IMMATERIEL CULTUREL DE LA France

 

MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

 

RAPPORT DE LA COMMISSION « INDEPENDANTE »

 

FICHE CORRIDA 1 - annotations E. HARDOUIN-FUGIER

(seconde partie)

 

 

 

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  (C) HISTORIQUE ET GÉNÉALOGIE

   (1) Historique général 

 

Depuis la haute antiquité l’ensemble des civilisations du Bassin méditerranéen ont conféré au taureau une éminente valeur symbolique (l’animal a été assimilé à une divinité solaire ou terrestre, illustration suprême des forces de la nature et de la fécondité, que l’homme doit tenter de maîtriser et de s’approprier). Elles en ont fait l’objet d’un culte, ou la victime privilégiée d’un sacrifice à la divinité. Il figure dans de nombreuses œuvres d’art à caractère religieux, et constitue l’élément central de divers jeux et célébrations. 

 En Espagne les règles de la corrida moderne sont fixées à la fin du XVIIIe siècle en Andalousie, à l’heure où les toreros à pied, issus du peuple, deviennent les protagonistes du spectacle,

10 mais cette tauromachie est l’aboutissement de traditions plus anciennes dans lesquelles les hommes se sont mesurés à des taureaux sauvages vivant en troupeau dans la Péninsule Ibérique depuis la préhistoire, ancêtres des bêtes actuelles. Du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui se poursuit un triple processus : codification plus précise de l’organisation et du déroulement du spectacle ; professionnalisation des toreros et, en même temps, sélection attentive des taureaux de combat par les éleveurs en fonction des nouvelles exigences de la corrida ; raffinement artistique de la tauromachie par l’importance croissante des éléments plastiques et chorégraphiques des passes, surtout à partir du torero Belmonte (1913-1935), et par la suppression d’épisodes inutilement sanglants (protection des chevaux de picadors, à partir de

1928). 

 20 En Amérique latine, la tauromachie s’est implantée dès les premières années de la conquête espagnole (1529, date de la première corrida au Mexique), notamment grâce à l’importation de

bétail brave qui a fait souche outre Atlantique. Aujourd’hui, la corrida y est une tradition vivante dans cinq pays (Mexique, Venezuela, Colombie, Equateur, Pérou). 

 

(2) Historique de la pratique en France

 

En France, des jeux taurins sont attestés dans le midi dès le Moyen Âge. Cette tradition ancienne a favorisé l’implantation et le développement de la corrida à partir du milieu du XIXe siècle. C’est en 1853 qu’est organisée la première corrida à Bayonne, sans doute en hommage à l’impératrice Eugénie en résidence dans la ville voisine de Biarritz. À partir de là l’engouement pour ce spectacle gagne les publics des Landes, puis du Languedoc et de la Provence en

30 s’appuyant, encore une fois, sur les traditions taurines cultivées dans ces régions. Des arènes permanentes en dur sont construites, telles celles de Plumaçon à Mont-de-Marsan (1889). Mais, durant cette période, un conflit s’engage dans de nombreux cas entre, d’une part, les

publics et les autorités municipales, qui revendiquent des corridas « intégrales » avec mise à mort, et, d’autre part, le pouvoir central qui entend faire appliquer la loi Grammont (2 juillet

 

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1850), laquelle interdit les sévices infligés aux animaux en public. Finalement, la loi du 24 avril 1951 met fin à ce conflit et légalise la corrida en France, « dans les régions où peut être invoquée une tradition ininterrompue. », consacrant du même coup dans ce contexte local le principe d’une exception culturelle. La jurisprudence, à partir de 1959, est venue confirmer cette légalisation en considérant que la notion de « tradition locale ininterrompue » ne

s’applique pas à une entité administrative, telle une municipalité en particulier, mais à un ensemble démographique, une communauté historique et culturelle liée à un terroir. 

 

(3) Actualisation 

 

Dans notre pays, depuis une trentaine d’années, une nouvelle dynamique a été insufflée à la

10 corrida par trois facteurs positifs : 

- la vigilance des municipalités sur l’organisation et l’authenticité du spectacle, en veillant à l’application du règlement taurin municipal, arrêté par l’Union des Villes Taurines de France (UVTF), en associant à cette vigilance les représentants des aficionados locaux au sein d’une « commission taurine extra-municipale » (CTEM);

 - le fait que les organisateurs des spectacles taurins, lorsque cette responsabilité n’est pas directement exercée par les municipalités, sont à présent majoritairement français et particulièrement sensibles aux goûts et aux préférences des publics de notre pays ; 

- L’émergence, depuis quelques années, en France de toreros, dont certains sont devenus de véritables « figures » au plan international, et de professionnels dans tous les compartiments

20 du spectacle. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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(D) INTÉRÊT PATRIMONIAL ET MISE EN VALEUR

   

(1) Intérêt patrimonial  

  

a) Le lien entre l’éthique et l’esthétique 

 

 La corrida se distingue des autres tauromachies par deux traits particuliers : 

- l’animal est tué rituellement, ce qui donne à la corrida sa dimension tragique, et il est tué en public, ce qui garantit la loyauté de sa mise à mort. 

- une des finalités essentielles de la corrida est de créer une œuvre d’art éphémère en utilisant la charge naturelle du taureau de combat.  

 

Ces deux dimensions particulières, éthique et esthétique, expliquent peut-être que la corrida soit la seule tauromachie à être sortie des limites de son terroir d’origine (l’Andalousie et la

10 Navarre) pour être adoptée par une partie des peuples de la Méditerranée et de l’Amérique latine, et surtout qu’elle ait conquis la plupart des modes d’expression artistique de la « haute culture » (littérature, poésie, peinture, sculpture, musique, cinéma, etc.). 

 

L’esprit et la valeur de la corrida reposent sur deux piliers comportant une dimension éthique : le premier, c’est le combat du taureau, qui ne doit pas mourir sans avoir pu exprimer, au maximum, ses facultés offensives ou défensives ;  le second pilier, symétrique, c’est l’engagement du torero, qui ne peut affronter son adversaire sans se mettre lui-même en danger, en offrant son corps, puis en détournant la charge par un leurre en tissu. La corrida n’aurait aucun sens et aucun intérêt sans cette combativité spontanée du taureau et sans ce risque permanent de blessure grave ou de mort du torero. 

 

20 Dans la corrida ces éléments éthiques sont très étroitement liés à des éléments esthétiques d’une grande richesse. Le rituel tauromachique est soutenu par l’éclat de toutes les formes d’expression artistique, populaire ou savante :l’architecture des arènes, l’art très vivant des costumes de lumière, savamment brodés et chamarrés par un artisanat traditionnel, ou la composition musicale des paso-dobles taurins, chargés de souligner les moments clés de la

fête. On comprend que ce spectacle total, comparable à certains égards à l’opéra, ait pu inspirer tant d’artistes.  Mais s’il faut préserver la tauromachie comme une forme d’expression unique qui ne doit pas

se perdre, c’est surtout qu’elle est en elle-même une forme d’art, qui renoue peut-être avec 30  l’origine même de l’art. On peut se référer sur ce point aux analyses de Michel Leiris et de  Francis Wolff : il s’agit en effet de donner forme humaine à une matière brute, en l’occurrence  la charge d’un animal qui combat. L’action du leurre dépouille l’assaut de l’animal de sa fonction mortifère et de sa violence naturelle et, grâce à l’emprise que ce leurre permet sur la charge du taureau, le torero conduit celle-ci, la courbe, l’adoucit, la polit, la ralentit. 

 

b) Une déclinaison originale des couples nature/culture et sauvage/domestique 

 

Le taureau de combat est le produit d’un mode de domestication tout à fait original, précisé par la réflexion de Jean-Pierre Digard : les actions domesticatoires, aussi discrètes et distanciées que possible, se sont exercées sur lui comme à contre-courant, dans le sens d’un

 

 

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ensauvagement contrôlé et orienté, de manière à conserver, paradoxalement en apparence, chez cet animal le phénotype (aspect extérieur) et l’éthogramme (ensemble des comportements innés) de l’espèce sauvage d’origine –l’aurochs, bœuf primitif ou bos primigenius - désormais

disparue. Il fait l’objet depuis plusieurs siècles, en Espagne, en France et au Portugal, d’une sélection stricte et de croisements raisonnés qui ont conduit à la création de sous-races (encastes) et de lignées bien identifiées et suivies dans la durée. La sélection des reproducteurs et des femelles vise à développer son instinct offensif, ce qu’il est convenu d’appeler sa bravoure, terme qui est à rapprocher du mot espagnol bravo, c’est-à-dire sauvage.

 

Dans son organisation et son déroulement la corrida représente le conflit, la juxtaposition mais

10 aussi la transition entre l’état de nature et l’état de culture. 

L’animal qui va combattre est extrait d’une zone non cultivée. Il incarne en lui-même l’émergence de la nature dans une enceinte de ville ou de village, face à un homme identifié au contexte urbain dans lequel il va exprimer son art et sa technique.   

 

c) Une dynamique de proximité avec l’animal 

 

La pratique tauromachique requiert, on l’a vu, des animaux particuliers, dont la production suppose des connaissances écologiques, éthologiques et zootechniques approfondies. Elle nécessite aussi, de la part de l’homme qui l’affronte, des qualités spécifiques : certes, des qualités morales - relevées plus haut -, une sensibilité esthétique affirmée, des aptitudes intellectuelles et psychomotrices, mais aussi une empathie avec l’animal afin de discerner ses

20 aptitudes et son comportement changeant au fur et à mesure du déroulement de la course, faute de quoi le torero, en construisant son jeu, ne saurait ni dominer la bête, ni se mettre en harmonie avec elle. D’où le sentiment souvent exprimé par ces professionnels, à travers les propos qu’ils tiennent, qu’ils « se mettent à l’intérieur du taureau », qu’ils épousent en quelque sorte sa nature en même temps que leur science et leur art leur permettent de révéler au grand jour, et à l’intention du public, toutes les riches possibilités de celle-ci. Les

aficionados quant à eux sont incités, pour saisir tout l’intérêt et la beauté du spectacle, à faire en esprit ce même cheminement de compréhension de l’animal. 

 

d) Un patrimoine immatériel qui contribue de façon exceptionnelle au développement durable 

 

Comme on l’a vu, le taureau de combat est un animal élevé en semi-liberté dans des pâturages

30 extensifs au contact d’une flore et d’une faune sauvages. Son existence ainsi que la préservation de ces espaces sont directement subordonnées au maintien de la corrida et des autres fêtes taurines. En France l’élevage de taureaux de jeux - nous appellerons ainsi les deux races que l’on élève dans notre pays pour les jeux taurins pratiqués dans les arènes (la course camarguaise et la corrida) ou pour des animations de rues - s’est développé pour dépasser aujourd’hui le chiffre de 25000 têtes réparties dans près de 200 élevages. Concentré d’abord

dans le delta du Rhône (Camargue), cet élevage a franchi les marges du delta pour s’étendre dans les arrières pays (Alpilles, Cévennes) et le littoral languedocien. Il se développe également dans le Sud Ouest, où l’on compte 9 élevages de taureaux de combat auxquels il faut ajouter quelques 1500 vaches de même origine, destinées à la course landaise. Globalement, 2/3

40 de ces taureaux de jeux sont des bovins de souche camarguaise, 1/3 de la souche espagnole dite

taureaux de combat

 

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Les terres de parcours ne fpossèdent aucun abri artificiel et les animaux sont ainsi soumis aux rigueurs du climat (froid, chaleur, nuisances liées aux insectes). Ils gardent une rusticité indispensable à ce type d’élevage. La plus grande partie de ces animaux évolue dans des écosystèmes faiblement anthropisés, qui sont un réservoir de biodiversité.  Enfin, cet élevage, comme l’observe Alain Dervieux, est à même de constituer une activité de

substitution viable à des populations rurales touchées par les difficultés inhérentes à la mondialisation de l’agriculture et à la désertification des campagnes, ce qui renvoie à l’importance du maintien des ruraux pour l’entretiens des paysages et des écosystèmes. 

 

e) Une contribution à l’enrichissement de la langue 

 

10 Il convient d’observer, enfin, que le parler des aficionados a enrichi le français par une savoureuse et originale contamination à partir de la langue taurine espagnole. Des mots nouveaux sont apparus tels que torère (surtout en Languedoc et en Provence), templer, pincher, se croiser… Certains de ces termes ont par ailleurs été adoptés par le langage courant (aficionado, banderille, bronca, mano a mano, feria…) Cette langue ne permet pas seulement de

rendre compte de la réalité technique du jeu. Elle fonctionne comme un signe de reconnaissance entre amateurs. Elle a également participé à la formation du langage de la bouvine et de la course landaise dont certains termes sont communs ou proches, mêlant le français, l’occitan et l’espagnol. 

  

(2) Modes de valorisation  

  

20 a) Actions 

Animations dans les clubs taurins tout au long de l’année (colloques, projections, hommages aux protagonistes de la corrida en leur présence) Expositions d’œuvres inspirées par la tauromachie ; présentations de livres taurins ; concours littéraires sur le thème de la corrida ; quiz pour stimuler la culture taurine ; remises de prix à des protagonistes (toreros et éleveurs)

que des groupes d’aficionados tiennent à récompenser pour leur prestation. 

 

b) Diffusion 

Rédaction de plaquettes d’information remises aux spectateurs à leur entrée dans les arènes ;  Actualité taurine rapportée par une dizaines de revues spécialisées et périodiques, publiées et vendues en France (Terres Taurines, Planète Corrida, Toros, Semana Grande…) ; cette même

30 actualité est régulièrement rapportée par l’émission taurine Signes du toro, diffusée par France 3 Aquitaine et France 3 Sud, ainsi que par les radios France Bleu Gascogne, Pays basque, Gironde, Pau Béarn, Gard Lozère, Provence, Languedoc…  Sur Internet de nombreux sites taurins, mis en place par des revues, des clubs ou des aficionados particuliers, diffusent de l’information ou proposent des débats. 

 

c) Tourisme 

Les corridas, surtout celles qui sont l’élément central des ferias, constituent une importante attraction touristique qui stimule considérablement les économies locales. L’initiation des touristes à la tauromachie est favorisée par certaines des actions de diffusion énumérées ci- dessus, et par l’installation, à proximité des arènes, de stands où sont proposés des affiches,

40 des livres, des objets et des œuvres d’art liées à cette thématique.

 

 

 

 

 

 

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3) Modes de reconnaissance 

 

On peut affirmer que la corrida a d’ores et déjà droit de cité en France, par la loi du 24 avril 1951 qui légalise son organisation, et par l’action des collectivités locales, à commencer par les villes, qui veillent à son maintien et à sa diffusion par des soutiens financiers directs ou indirects (subventions à desmanifestations culturelles ou scientifiques liées à la tauromachie, aux revues taurines en leur confiant de la publicité). Mais les professionnels et les aficionados sentent à présent la nécessité de voir reconnaître de façon explicite sa dimension

culturelle. 

  

4) Mesures de sauvegarde 

 

10 La corrida est un spectacle vivant particulièrement fragile, soumis, sur le plan interne, à de nombreux aléas pour exprimer toutes ses potentialités de beauté et d’authenticité : la qualité des toreros, les réactions imprévisibles des taureaux, la compréhension du public…En France les autorités municipales ont une responsabilité particulière pour faire en sorte que les

conditions objectives soient respectées, et notamment le règlement taurin. En outre les collectivités locales subventionnent les écoles taurines, afin de susciter de nouvelles vocations de professionnels et d’amateurs.  

Dans cette action de soutien et de vigilance il convient de souligner le rôle de l’Union des Villes Taurines de France (UVTF) et des clubs taurins, regroupés pour beaucoup au sein de la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF). 

20 Le maintien de cette tradition dépend d’abord et surtout de la qualité de sa réception par la communauté des aficionados en France, comme dans les sept autres pays taurins, et notamment par les nouvelles générations. Elle sera vivante tant qu’elle suscitera une adhésion avérée et délibérée de la part de cette communauté, et tant qu’elle conservera les conditions de son authenticité dans les composantes et le déroulement du spectacle.  Mais il se trouve qu’elle est menacée aujourd’hui, de l’extérieur, par des mouvements d’opinion qui méconnaissent son contexte, sa signification profonde et prétendent l’éradiquer

par une condamnation qui doit beaucoup à des préjugés dictés par une pensée globalisante, au mépris du respect de la diversité des expressions culturelles. Si cette menace achevait de produire son effet négatif, avec la corrida et le monde qui l’entoure disparaîtraient, c’ est une culture vivante, originale, exemplaire à bien des égards, en tout cas caractéristique d’une large partie de

l’Europe du Sud-Ouest et, à présent, d’une frange importante des populations établies dans cinq pays d’Amérique latine

 

PAGE XIV Bibliographie 

  - Bartolomé Bennassar, Histoire de la tauromachie, une société du spectacle  

(Desjonquères, Paris, 1993) ; 

- José Bergamin, La solitude sonore du toreo, traduction de Florence Delay 

(Verdier Poche, 2008) ; 

- Michel Leiris, Miroir de la tauromachie, illustrations d’André Masson (Fata 

Morgana, 1981) ; 

- Jean-Baptiste Maudet, Terres de taureaux, les jeux taurins de l’Europe à  

l’Amérique (Casa de Velázquez, Madrid, 2010) ;

-  Frédéric Saumade, Les tauromachies européennes, la forme et l’histoire, une approche

anthropologique, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 1998 

- Bernard Traimond, Les fêtes du taureau (Presses Universitaires de Bordeaux, 

1996) ; 

- Francis Wolff, Philosophie de la corrida (Fayard, Paris, 2007) ; 

- François Zumbiehl, Le discours de la corrida (Verdier, 2008) 

 

 

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